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3 commentaires sur “

  1. Madame la Rectrice,

    Après avoir écouté le débat d’hier, je m’étonne de certaines réponses que vous avez apportées aux questions qui vous ont été posées. Parmi celles-ci, l’une a particulièrement retenu mon attention, ce pourquoi je me permets de vous écrire sur ce « forum ».

    À ce titre, votre intervention relative aux différences entre les boursiers de doctorat et les doctorants employés par l’université m’a particulièrement interpellé. J’aurais pensé qu’après quatre années à la tête de notre université, vous soyez en mesure d’apporter une réponse plus précise sur ce sujet. Or, alors que vous avez évoqué de manière assez vague une différence liée aux congés (et une différence de précompte ?), la réalité est tout autre:

    • un salaire mensuel inférieur
    • l’absence de chèques-repas
    • l’absence de prime de fin d’année
    • l’absence de double pécule de vacances
    • l’impossibilité de cotiser de la même manière donc une pension moins élevée
    • l’interdiction d’exercer une activité complémentaire rémunérée.

    Au total, cela représente une différence entre 4 000 et 5 000 € par année de travail soit près de 20 000€ sur la durée du doctorat.

    Comme vous pouvez vous en douter, cette situation me concerne directement. Bien que j’essaie généralement de prendre du recul, un certain malaise persiste, notamment lorsque mes collègues perçoivent leurs primes de fin d’année et leurs pécules de vacances, mais aussi lorsque ce sujet est abordé publiquement, comme ce fut le cas hier. Personnellement, le simple fait de devoir mentionner le FNRS dans mes travaux m’ennuie car au lieu d’être une fierté cela devient un poids. Ce malaise peut, dans certains cas, se traduire par une envie d’interrompre le doctorat, ou à tout le moins de le raccourcir autant que possible.

    Par ailleurs, vous présentez cette situation comme relevant d’un « choix » de carrière. Or, il me semble que, dans la plupart des facultés, les doctorants sont fortement encouragés, voire contraints, de postuler à des bourses du FNRS. Il en résulte des situations particulièrement complexes où après avoir travaillé plusieurs mois sous contrat avec l’Université, certains doctorants obtiennent une bourse FNRS et voient alors leur rémunération diminuer. Lorsque ces bourses sont accordées de manière rétroactive (FRIA et FRESH), les doctorants peuvent même être amenés à rembourser des montants supérieurs à ceux effectivement perçus dans le cadre de la bourse. Il en résulte des situations où certains doctorants en viennent à saboter leurs propres projets afin d’éviter tout risque d’obtenir une bourse.

    Je tiens toutefois à préciser que je ne partage pas la proposition avancée par Monsieur Ernst visant à permettre aux professeurs de compenser ces différences. Une telle solution me semble fondamentalement inéquitable et ne répond pas au problème de manière structurelle. En pratique, elle ne serait d’ailleurs applicable que dans les unités de recherche les plus favorisées financièrement, notamment celles entretenant des liens étroits avec le secteur privé, comme en sciences appliquées.

    Ma question est donc la suivante : que comptez vous mettre en place pour objectiver ces différences et, le cas échéant, les réduire ? Il ne s’agit ici pas d’une démarche motivée par un quelconque intérêt personnel, puisque j’espère que j’aurai terminé mon doctorat d’ici à ce que d’éventuelles mesures puissent être mises en œuvre. Il s’agit plutôt d’un enjeu que je crois important d’éclaircir le plus rapidement possible afin d’éviter que d’autres boursiers ne se retrouvent confrontés au même malaise.

    J’espère que vous pourrez apporter des clarifications sur ce point lors de vos prochains débats, que je ne manquerai pas de suivre.

    Bien à vous,
    Clément Moureau
    clement.moureau@uliege.be

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    1. Monsieur,

      Merci pour votre message. La question posée en séance concernait la différence de salaire entre les boursiers et les contrats assistants. C’est bien sur la différence de salaire que j’ai répondu. Celle-ci est en effet légère et ce sont les avantages additionnels qui font la différence comme je l’ai indiqué en débat. Nos assistants sous contrat reçoivent en effet des chèques repas, bénéficie d’une allocation de fin d’année et d’un pécule de vacances comme vous le mentionnez dans votre message.

      Pour les boursiers, aucun avantage n’est envisageable. Les bourses ne peuvent être défiscalisées qu’à condition que le boursier réalise sa recherche de manière libre, sans qu’il n’existe de lien contractuel avec l’Université de Liège. C’est donc au promoteur et au boursier de respecter ces conditions. (Si cela n’est pas le cas, un recours vers le collège de doctorat est possible.) C’est d’ailleurs dans ces conditions qu’un boursier FNRS, Fria, Fresh peut normalement réaliser sa thèse en 4 ans.

      Chaque avantage ajouté à la rémunération augmente la perception par le contrôleur d’un lien contractuel et donc le risque d’une déqualification par le Fisc de la bourse en salaire déguisé. Je ne peux que m’inquiéter vivement quand j’entends Mr Ernst dire qu’il offre des vélos, des gsms, etc.

      Le contrat d’assistant quant à lui comprend d’autres tâches que la réalisation du doctorat et c’est pourquoi il est renouvelable 3X2ans (plus possibilité de mandats exceptionnels) sauf avis contraire.

      En ce qui concerne l’idée d’utiliser un compte D pour augmenter éventuellement le montant de la bourse évoqué en débat, ceci est déjà envisageable dès la 2me et 3me année de bourse en concertation avec la RH et avec l’approbation du CA.

      Bien cordialement,

      Anne-Sophie Nyssen

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      1. Madame Nyssen,

        Je vous remercie pour votre réponse, à laquelle je ne m’attendais pas nécessairement.

        Comme indiqué dans mon précédent message, je ne soutiens pas la méthode proposée par Monsieur Ernst que je sais être à la limite de ce qui est autorisé.

        Cela étant dit, votre réponse ne me permet pas de comprendre si vous considérez cette situation comme une problématique qu’il conviendrait de résoudre. De plus, vous n’évoquez aucune piste d’amélioration. Je comprends qu’il n’est pas envisageable d’octroyer certains avantages aux doctorants boursiers mais une solution ne serait-elle pas d’équilibrer cette différence en augmentant le montant des bourses ? D’autant plus que, sauf erreur de ma part, les doctorants en médecine bénéficient de bourses sensiblement plus élevées que dans d’autres facultés, ce qui semble indiquer qu’une telle adaptation est possible.

        Je constate que lorsque j’explique le fonctionnement en Belgique à des doctorants d’autres pays, personne ne comprend. Dans la plupart des pays, les charges de cours sont réparties équitablement sur l’ensemble des doctorants, qui bénéficient du même salaire et même avantages, peu importe s’ils sont boursiers ou salariés. Cela conduit, je pense, à une meilleure atmosphère de travail où tout le monde s’entraide et collabore.

        Je vous remercie une fois encore pour votre réponse,

        Bien à vous,

        Clément Moureau

        PS. Veuillez m’excuser, il semble que j’aie également publié cette réponse comme un nouveau commentaire.

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