Anne-Sophie Nyssen

Le mandat de notre équipe rectorale s’achèvera le 1er octobre prochain, et j’ai décidé de solliciter à nouveau votre confiance. Ce programme vous dit sur quelles bases.

Bien naturellement, vous allez forger votre décision sur votre évaluation du bilan 2022-2026. Mais également sur votre évaluation de ce que nous ferions si nous étions reconduits. Concernant le bilan, il est déjà en grande partie connu puisque j’ai présenté récemment le suivi d’exécution de notre plan stratégique devant le Conseil Académique le 12 novembre 2025. Cette présentation est accessible à l’adresse suivante : https://my.gouvernance.ULiège.be/rapport-plan-strategique-institutionnel . Je vous invite à la consulter. Je reviendrai tout au long de ce programme sur les principales réalisations illustrant la « philosophie » et les actes du mandat en cours, utiles à la compréhension de nos propositions pour le futur.

Car c’est sur le second point – l’avenir – que ce programme entend se centrer. Le degré de continuité entre le passé et cet avenir est une question importante de ma démarche. Je pense que notre Université a besoin de stabilité, et en même temps d’agilité. C’est en partie contradictoire, et il s’agit donc de trouver un bon compromis. Si je suis réélue, la stabilité sera naturellement incarnée par une équipe en grande partie reconduite. Seuls changements prévus : le remplacement de mon Premier Vice-Recteur actuel, dont je vais devoir « pleurer » le retrait pour cause de départ prochain en pension ; le départ en pension également d’un conseiller, ainsi que le retour à ses pleines activités d’une conseillère. Dans le même temps, je me réjouis d’accueillir une nouvelle Vice-Rectrice.

Je vous propose donc de poursuivre le « plan de navigation » en cours, avec, comme en 2022, un horizon de regard porté au-delà du mandat (notamment pour lisser le pilotage du budget et de notre politique infrastructure), non par irrespect de la légitimité élective, mais parce que le regard du barreur doit porter d’autant plus loin que la mer est agitée et que les vents sont forts. Or la mer est déjà agitée, et les vents soufflent fort.

Avec mon équipe, nous vous proposons donc une « continuité dynamique », une « poursuite adaptative » de la navigation en cours. Nous avons essayé dans ce programme de préciser ce qui, selon nous, doit continuer, changer, s’arrêter, s’ajouter. Mais cela ne suffira pas. Nous allons devoir reprendre ce questionnement régulièrement, en utilisant et en renforçant nos instances de concertation. Nous sommes entrés dans un monde instable, en partie imprévisible, surprenant, parfois même sidérant. Nous allons devoir augmenter nos capacités d’adaptation, repenser régulièrement l’articulation entre changement et continuité, entre stabilité et agilité, entre envie à court terme et survie à long terme. Nous allons devoir écouter, entendre et interpréter les orages, nous protéger mais également oser, oser changer, oser essayer, oser nous tromper…

Notre programme ne prétend pas effacer les incertitudes et les défis associés. Il ne prétend pas changer la météo, ni transformer magiquement notre bateau en un refuge providentiel. Mais il propose de tenir un cap, donné par notre vision de l’université du futur, et par nos valeurs. Nous tenons profondément à la démocratie, et nous croyons profondément que l’éducation et les valeurs académiques jouent un rôle crucial pour son maintien. Nous voulons défendre une université pluraliste, où il fait bon vivre et travailler ensemble, à laquelle on est fièr(e) d’appartenir. Nous voulons développer sa résilience, c’est-à-dire prolonger la robustesse de son ADN et de ses valeurs par la richesse créatrice et adaptative de son potentiel d’évolution. Comme le dit un proverbe indien, « quand tout semble gris, repoussez l’éléphant… ».