Pierre Duysinx

Lorsqu’en 2018, j’ai souhaité représenter ma faculté au conseil d’administration, je voulais apprendre à mieux connaître le fonctionnement de notre université. J’avais pu servir la communauté universitaire comme président de département, directeur d’UR, mais aussi comme membre de la CEMUL (Commission d’Etudes et de gestion de la Mobilité et de l’Urbanisme de l’Uliège).  

Au sein du CA, j’ai pu observer puis participer plus activement aux processus de décisions et de gestion de l’université. Par ailleurs, j’ai pu me rendre compte des différentes manières de fonctionner des autres facultés et de l’administration de l’université. J’ai pu découvrir la richesse que l’on peut trouver en collaborant avec différents domaines de recherche et d’enseignement qui ne m’étaient pas encore familiers. 

Plusieurs événements ont fait naitre en moi la volonté de m’investir plus activement dans la destinée de notre Alma Mater. Depuis plusieurs années, je suis interpellé par la situation dramatique de la mobilité de et vers le Sart Tilman. Les moyens de transports en commun sur-bondés, les embouteillages et les parkings manquants, les dangers encourus par les cyclistes… Toutefois, en 2019, j’étais loin de me douter des évènements qui allaient encore plus profondément bouleverser nos vies d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs. La crise sanitaire a transformé nos perceptions de la recherche et de l’enseignement en nous forçant à utiliser les techniques numériques de manière intensive. A côté de certains aspects attrayants, elle nous aussi appris combien les contacts humains sont importants et nécessaires pour l’enseignement et la recherche. Au-delà de la COVID, les enjeux environnementaux se sont également imposés comme une réalité proche, palpable. Les enjeux énergétiques, climatiques et de mobilité ne m’en sont apparus que plus cruciaux. Personnellement, ces deux dernières années, comme enseignant et chercheur dans les véhicules terrestres, j’ai été fortement marqué par le résultat d’une recherche menée dans mon équipe sur l’évolution de l’automobile à l’horizon 2025-2035. Je suis frappé par le tournant majeur qui est en face de nous. Les défis sont énormes. Cela peut faire peur. Comme ingénieur, c’est très excitant, car on se dit qu’on va pouvoir contribuer à dessiner le futur, à influencer la nouvelle vie. Face à ce challenge, j’ai acquis la conviction de devoir m’impliquer plus fortement pour aider ma communauté à prendre ce virage et ne pas subir l’évolution de choses. Les solutions ne sont toutefois pas simples et ne seront ni 100% technologiques ou économiques, ni purent environnementales. L’humain devra faire partie de l’équation. Le respect de l’équité, le respect des étudiantes et étudiants, des chercheurs et chercheuses, le respect des réalités de notre éco système économique et régional devront faire partie des solutions que nous dessinerons ensemble. Néanmoins, il faudra penser out of the box et innover. 

Outre la mobilité, très tôt dans ma carrière, rencontrer des chercheurs de tous les pays a été pour moi une source de motivation et m’a conduit à m’orienter vers une carrière universitaire. Après un post doc à l’étranger, j’ai eu le plaisir de m’enrichir au contact des étudiants étrangers, de donner cours en Europe, au Vietnam, en Chine… puis de développer de nombreux projets de recherche avec des universités et des entreprises de l’Euregio, de la Grande Région, en Europe, jusqu’au… Japon. L’internationale a toujours été un moteur de ma vie scientifique et académique et c’est avec une grande joie que je veux animer les relations internationales de l’Université.

Quand Anne-Sophie Nyssen m’a fait part de son intention de constituer une équipe rectorale, sa demande a fait écho à mon désir de m’investir pour faire avancer les choses dans le domaine des relations internationales, de la transition environnementale et de la mobilité qui est, à mon estime, un point réellement pénible pour la communauté universitaire, étudiants, chercheurs, techniciens, enseignants. En outre, nous avons rapidement trouvé des convergences essentielles sur les voies et méthodes pour aborder le problème et ses solutions.

Au cours de l’évolution ma carrière, j’ai côtoyé Anne-Sophie Nyssen comme collègue. Au CA, j’ai mieux découvert et apprécié son action, son travail pour faire avancer les dossiers dont elle a la charge. J’ai pu également apprécier son approche centrée sur l’humain, l’éthique, la gouvernance, le respect. Au cours de ces dernières années au CA, j’ai également senti la convergence des points de vue que nous développions avec Pascal Poncin et Frédéric Schoenaers. Avec Florence Caeymaex et Michel Moutschen qui nous ont rejoint, j’ai la sensation agréable de former une équipe, ce qui donne totalement confiance pour prendre en main la gestion de notre université pour les quatre années à venir. Le fait que notre équipe soit emmenée par femme brillante et compétente me stimule davantage, car ce sera la première fois que notre alma mater aura une rectrice. 

Je suis donc extrêmement motivé et excité à l’idée de pouvoir mettre mes compétences au service de mon université, de ma région et des personnes qui les composent. Avec toute notre équipe, je rêve de pouvoir rendre à notre magnifique campus tout son attrait en soulageant les difficultés rencontrées par les membres de notre communauté lors de leurs déplacements. Je souhaite ardemment rendre notre vie universitaire un peu plus respectueuse des personnes et de notre environnement et placer notre alma mater sur la voie des campus durables!