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  1. Bonjour,
    Plus que jamais ancré dans la réalité socioéconomique belge, l’accès à l’université se voit davantage plus libre d’une part et, paradoxalement, hors limite pour une partie non-négligeable de la population belge qui se voit touchée par l’acroissement des inégalités sociales et économiques qui se font ressentir à travers le monde entier.

    A mon sens, et nous avons tous pu le constater durant la pandémie, il existe également une méfiance, une incompréhension et même de l’animosité, arborées par la population générale envers les acteurs et méthodes du monde académique et scientifique dont l’université reste la porte d’accès principale. Ces tendances entretiennent une atmosphère obscurantiste qui me paraît une menace à la cohésion et au progrès social.

    Tenant compte de ce préambule et de ma situation personnelle, je m’interroge sur les conditions d’accès à l’université, et sur la faisabilité d’aller au terme de son cursus universitaire lorsque l’on vient d’un milieu défavorisé ou en reprenant des études tard dans son parcours.

    De ce fait, une question me taraude: dans quelle mesure penseriez-vous agir pour rendre l’accès à l’université et aux professions qu’elle garde, plus aisé pour les publics précarisés, en réinsertion professionnelle, ou déjà lancés dans la vie active?

    Je compte déjà voter pour votre équipe parce que je partage bon nombres de vos valeurs, mais je voulais avoir votre avis sur ce problème. Je vous remercie d’avance pour votre considération.
    Cordialement.

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    1. Chère Madame, Cher Monsieur,
      Votre message a retenu toute mon attention et je vous en remercie.
      La question que vous posez est intéressante et n’est pas souvent posée en ces termes. Il me semble que l’engagement de notre équipe sur les questions pédagogiques et plus particulièrement sur les manières de traiter le problème de l’échec est déjà une partie de réponse. Celle-ci est développée dans notre programme et j’ai pu l’aborder lors des débats.
      Suite à la réforme du décret paysage, nous avons formé en interne un groupe de travail pour élaborer de façon participative un plan stratégique d’aides à la réussite. Différents dispositifs existent déjà au sein des facultés comme le dispositif de parrainage que j’ai souhaité institutionnaliser ou le dispositif de Mentorat, les cours préparatoires etc. Ces dispositifs doivent être coordonnés et évalués. D’autres projets sont à l’étude comme l’organisation d’une année préparatoire. L’action doit se faire le plus en amont possible afin d’éviter les charges supplémentaires durant le cursus.

      Mais il me semble que vous évoquez plus spécifiquement les freins « sociaux » et pas seulement pédagogiques. Il faut rappeler l’existence du service social des étudiants, des bourses et des nombreuses aides offertes. Cependant, force est de constater que celles-ci sont mal connues des étudiant.es et que nous devons améliorer notre communication sur ce point comme sur d’autres. Nous pouvons aussi faire des progrès par rapport aux procédures administratives: elles sont souvent lourdes, certaines sont de notre ressort et nous pouvons les simplifier; d’autres relèvent de la FWB avec qui nous pouvons mettre en place un système de retour d’expérience.

      Une attention plus forte à ce genre de question s’est, me semble-t-il, éveillée durant le Covid (épicerie solidaire, équipement inégal des étudiants relativement au réseau et aux lieux pour travailler, etc). Il faudrait peut-être garder cette attention en alerte.

      Notre souhait est certainement une université plus inclusive, plus accessible à des parcours différents quand c’est pertinent et faisable — moins « élitiste » en somme — peut-être cela devrait-il passer par la formation et l’éveil des profs et des futurs profs à l’enjeu de la classe sociale (sur le mode que l’on prévoit pour l’enjeu « genre »). A mon avis, bien traiter les gens n’est pas les traiter tous de la même manière sans faire de différences, mais savoir habilement construire des dispositifs d’aide et « sentir » les différences trop souvent maintenues invisibles.

      Bien cordialement,

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  2. Bonjour,
    Tout d’abord, un grand merci pour votre réponse attentionnée et votre implication dans toutes ces problématiques aussi importantes que diverses et épineuses. Je retiens tout particulièrement votre prise de conscience éclairée par rapport aux démarches administratives d’obtention d’aide à la réussite et à l’éducation; ceci est en effet un point qui m’affecte particulièrement et que je pense prends tout son sens, indépendamment de mon expérience personnelle.

    Je fais également écho à votre sentiment vis-à-vis de l’importance de différencier entre égalité et équité en prenant compte des différences non flagrantes. Je suis rassuré par rapport à l’avenir de l’Université de Liège si les urnes parlent en votre faveur cette semaine.
    Encore une fois, un grand merci, et au plaisir de vous rencontrer durant mon parcours!
    Bien à vous,

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