
Après bientôt quatre années de mandat rectoral aux côtés d’Anne-Sophie Nyssen en tant que Conseillère à l’éthique et aux politiques d’égalité, je suis ravie de soutenir sa seconde candidature et enthousiaste à l’idée de poursuivre, à travers de nouveaux projets, les engagements pris avec son équipe dès 2022.
L’éthique de la recherche, l’intégrité scientifique, l’égalité de genre, la lutte contre les violences et le harcèlement, l’inclusivité et la durabilité sous toutes ses formes demandent du temps. Ce sont des chantiers ouverts et évolutifs, qui avancent avec celles et ceux qui s’en font les acteurs et les actrices, dans toute la communauté universitaire. Je me réjouis d’être des leurs.
Après une carrière de 26 ans au FNRS comme chercheuse en philosophie politique et en éthique contemporaine, l’Université m’a confié en 2022 une charge en Éthique et humanités médicales et m’a honorée, en 2025, du titre de Professeure ordinaire. J’enseigne l’éthique et la philosophie féministe en Faculté de philosophie et lettres, et l’éthique appliquée à la santé en Faculté de médecine. Des deux côtés, ces enseignements sont nourris par une recherche qui traverse les frontières disciplinaires (vers les sciences sociales et la médecine) et qui doit aussi beaucoup à des collectifs humains : entre autres, le MAP-Philosophie politique et le Feminist & Gender Lab (UR Traverses), les groupes de recherche interfacultaires formés au fil des divers projets financés dont j’ai eu la chance de bénéficier (ARC, FNRS, OMS) ; aujourd’hui le Groupe de contact FNRS Humanités médicales et l’Académie de médecine, qui m’a élue membre associée en 2026. Doctorants, postdocs et collaborateurs seniors sont des interlocuteur·ices essentiel·les et une source d’inspiration et de progrès constante dans mon travail.
Je n’aurais sûrement pas accompli cette trajectoire sans mon entrée au Comité consultatif de bioéthique de Belgique en 2006, qui a fini par façonner ma recherche en philosophie et mon enseignement de l’éthique. J’ai intégré la présidence du Comité durant son 6emandat (2019-2023) et j’y co-préside encore une commission restreinte. Au long de toutes ces années, j’ai aussi mis mes compétences et mon temps au service de l’Université : comme membre (2011-2016) puis présidente du CSRV-SH Conseil sectoriel à la recherche et à la valorisation en sciences humaines (2016-2019), comme présidente du Comité d’éthique en sciences humaines (2016-2021) et, à l’heure actuelle, comme membre du Conseil à l’éthique et à l’intégrité scientifique et présidente du CGE – Conseil participatif Genre et Égalité. Au cœur de tous ces missions, un même engagement pour des savoirs et des pratiques à la fois rigoureuses, scientifiquement fondées et humaines, responsables, porteuses de sens pour les individus et la société.
En des temps troublés par les guerres, les dégradations sociales et environnementales, les accélérations technologiques, les atteintes à la démocratie, les menaces sur la liberté académique, artistique et de l’information (la liste est longue, hélas), les missions premières de l’université de service public sont, selon moi, plus que jamais d’actualité : une recherche qualitative et novatrice, un enseignement de haut niveau, accessible et inclusif, une institution ouverte où la réflexion critique accompagne le développement des sciences et des technologies, un milieu éducatif et de travail où se forment des esprits sensibles, éclairés, inventifs et solidaires. Intégrité, respect de la personne et responsabilité : je formule le vœu que ces principes, consacrés par la nouvelle Charte éthique de l’ULiège, nous servent de boussole pour agir, penser et résister !
