La rectrice de l’ULiège Anne-Sophie Nyssen, candidate à sa réélection : “Dans ce contexte d’incertitude, on a besoin de stabilité et de continuité”

La Libre Belgique, La Libre – Arts visuels, 11/03/2026 – 17:54

Anne-Sophie Nyssen, rectrice de l’ULiège depuis 2022, est candidate à sa réélection. Elle compte rempiler pour un mandat supplémentaire de 4 ans.

Les 15 et 16 avril pour le premier tour, et les 6 et 7 mai pour le second, la communauté académique de l’université de Liège élira son nouveau rectorat pour les quatre prochaines années. Deux candidats, bien connus de l’ULiège, tenteront de décrocher le mandat. Le premier est Damien Ernst, professeur à la faculté des sciences appliquées. La seconde est Anne-Sophie Nyssen, actuelle rectrice depuis 2022. Si Damien Ernst promet de grands changements pour l’université liégeoise, Anne-Sophie Nyssen assure que l’institution a plus que jamais besoin de stabilité et de continuité.

Pourquoi vous présenter à nouveau au rectorat ?

Pour tout vous dire, j’ai sérieusement réfléchi avant de déposer ma candidature car c’est un métier passionnant, mais aussi extrêmement exigeant, et je ne m’en suis pas toujours rendu compte.

Il y a deux jours, par exemple, je décernais le titre de docteur Honoris Causa à Alain Aspect (co-lauréat du prix Nobel de physique en 2022). La salle était comble, remplie d’étudiants, de chercheurs, de citoyens. Ce sont des moments comme celui-là qui m’ont aidée à déposer ma candidature.

Que prévoyez-vous pour l’université pendant ces 4 prochaines années ?

Dans mon programme – qui sera rendu public prochainement – il faut d’abord y lire une vision de continuité et de stabilité, compte tenu de l’instabilité du monde qui nous entoure. Pas seulement sur le plan géopolitique, mais aussi au sujet du cadre général qui est celui des universités. Beaucoup de réformes assez déstabilisantes pour les membres de notre communauté et pour nos missions sont en préparation, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la recherche, des services de la communauté. Il faudra prendre connaissance des réformes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, analyser leur importance et créer davantage de robustesse pour préserver l’ADN de l’université et ses valeurs. Dans ce contexte, l’institution a donc besoin de stabilité et de continuité.

Par ailleurs, on avait commencé en quatre ans à changer certaines choses, et nous souhaitons continuer dans cette voie, notamment en étant à l’écoute des besoins et des défis de la société en termes de transitions environnementales et sociales, ou d’intelligence artificielle, par exemple.

À quels grands défis avez-vous été confrontée lors de ce mandat sortant ?

Tout d’abord, il y a eu la mise en place d’une gouvernance participative et transparente, sur laquelle on doit encore continuer à travailler. Même chose au niveau de la simplification administrative. On a aussi mis en place le cours commun pour tous nos bacheliers sur la durabilité. Là aussi, il a fallu rassembler l’ensemble des facultés autour d’un même projet. Ça a été un long processus pour les convaincre de le construire ensemble.

L’université a aussi dû faire face à l’instabilité géopolitique…

Des crises ont bouleversé la société, telles que le conflit Palestine-Israël. On a dû gérer les demandes des étudiants, notamment avec l’occupation des locaux, ce qui était d’ailleurs une première. Les étudiants nous ont fait réfléchir, on a accéléré certains processus de mise en place d’un comité participatif, d’un comité de vigilance de nos relations internationales.

On est à la fois dans un cadre du plan stratégique qu’on a construit, mais on doit en même temps s’adapter à ces défis, à ces crises, et garder bien à l’esprit que l’université existe par les membres de sa communauté, qui sont divers. Il est vraiment important de permettre à chacun et chacune de pouvoir venir travailler, chercher, étudier dans un espace où ils se sentent bien. Aujourd’hui, dans ce monde où la guerre est présente, on a le droit de pouvoir participer à des recherches sur la défense, comme on a le droit d’être objecteur de conscience dans la même université. Il faut pouvoir coexister.

Caroline Vandenabeele

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