Transition Environnementale et Sobriété Numérique

Analyse

Les constats scientifiques sont sans appel : nos sociétés sont confrontées à d’immenses défis. Du changement climatique à la perte de la biodiversité, de la croissance des inégalités sociales à la crise migratoire, de nombreux signaux structurels attestent de la nécessité profonde de repenser nos modes de vie. Les objectifs de développement durable de l’ONU proposent de manière très explicite à quoi devrait ressembler la vie future des êtres humains. Ils sont devenus en quelques années une référence incontournable pour les états et les organisations. Pour assurer cet avenir écologiquement soutenable et socialement juste, une véritable transition est nécessaire. Elle sera multidimensionnelle, s’appuiera sur des innovations technologiques et sociales majeures, et elle passera par l’élaboration de constats partagés et par la construction de connaissances nouvelles.

Si cette transition doit impérativement être discutée dans les institutions nationales et internationales en charge de l’intérêt général, elle doit aussi être menée en bonne intelligence sur des territoires et être co-construite par les différents acteurs privés et publics.

L’ULiège a commencé à prendre toute sa part à cette construction. En 2019 une cellule du développement durable a été instituée, pour coordonner, accompagner les projets institutionnels, et former la communauté universitaire. En 2021, un premier rapport d’activité en faveur du développement durable couvrant la période 2020-2021 a été publié. Il comprend des projets institutionnels pour une Université plus durable : réduction des consommations et transition vers les énergies renouvelables, alimentation durable et solidaire, gestion des déchets, mobilité, déplacements internationaux, lutte contre les inégalités et les discriminations, investissements financiers. Afin d’engager les étudiants vers la durabilité, le Green Office a été créé en 2020.

L’ULiège s’est également donné un plan stratégique du numérique. En effet, le domaine du numérique, relativement peu réglementé, est plus flexible que d’autres grands consommateurs de ressources et producteurs de gaz à effets de serre. Il constitue donc un sol fertile pour une gestion efficace de l’empreinte écologique institutionnelle, tout en offrant des gains d’efficacité considérables. Les grandes lignes stratégiques d’une sobriété numérique sont déjà établies et la CARE numérique a constitué un groupe responsable de l’implémentation et la progression raisonnée des outils numériques. Cinq actions concrètes à court terme sont déjà définies, comprenant : l’évaluation de l’empreinte des projets numériques lors de leur instauration, puis de manière continue, la création d’outils pour les utilisateur·rice·s, et des procédures visant à prolonger au maximum la durée de vie du matériel informatique le moins consommateur possible.

Vision et objectifs

En tant qu’Université publique à fort ancrage régional, l’ULiège a une responsabilité importante dans ce vaste chantier de la transition. Premièrement son enseignement doit former ses étudiant·e·s à la durabilité. Deuxièmement, ses chercheur·se·s doivent mettre leurs démarches de construction de la connaissance au service des objectifs de développement durable. Troisièmement, dans ses partenariats avec les pouvoirs publics et la société civile, elle doit apporter son expertise aux décideurs publics et aux acteurs de la société civile (entreprises, associations, autres acteurs de l’enseignement). Quatrièmement, en tant qu’organisation, elle doit poursuivre le chantier de sa propre durabilité vers plus d’exemplarité.

Actions envisagées

  • Au cours de leur passage à l’ULiège, les étudiant·e·s doivent avoir accès aux constats les plus rigoureux concernant les défis du développement durable, être mis au contact des innovations les plus prometteuses, apprendre à comprendre la complexité des enjeux et à s’engager dans la recherche de solutions. À côté des cours et des programmes dédiés, chaque Faculté sera appelée à penser la transition dans ses méthodes et contenus d’enseignement, y compris dans ses activités de formation continue. Il est par ailleurs essentiel de penser certains projets en visant des collaborations inter-facultaires, afin d’exposer nos étudiant·e·s à des approches complémentaires (cours commun en BAC 1, Université d’été Climates). S’inscrivant dans cette démarche, la formation transversale au développement durable initiée par l’équipe rectorale actuelle et proposée à tous les étudiant·e·s pourra évoluer vers un certificat.
  • Pérennisation du Green Office et ses missions d’actions et de sensibilisations en faveur d’un développement durable à la portée de toute la communauté universitaire et des étudiant·e·s en particulier.
  • Les pratiques institutionnelles en matière d’énergie, de mobilité, d’alimentation, de gestion des déchets, de gestion financière, de politique de diversité, d’inclusion et de solidarité seront orientées vers plus de durabilité et cette transition fera l’objet d’un monitoring serré (reporting et KPIs).
  • Dans toutes les Facultés, de nombreuses équipe de recherche mènent déjà des projets qui touchent au présent et à l’avenir de la planète et des communautés humaines qui la peuplent. Pour faire face aux défis actuels, il conviendra de renforcer encore les opportunités de dialogue interfacultaire et de recherche transdisciplinaire car, si les innovations technologiques seront indispensables, elles ne suffiront pas et devront nécessairement être articulées à des dynamiques humaines et sociales.