Gouvernance et Fonctionnement

Analyse

Le modèle actuel de gouvernance de l’Université est à la fois centralisé et décentralisé. Il y a des instances de décision centrales : le Conseil d’Administration, le Rectorat, l’Administrateur·e, le Conseil Universitaire à la Recherche et à l’Enseignement (CURE). Il y a aussi des instances de décision décentralisées, au niveau des Facultés et de leurs Doyens et Doyennes. Une telle architecture est bien adaptée au monde universitaire. Elle permet d’articuler, d’une part, les besoins d’une vision et d’une conduite stratégique intégrées au niveau de l’Université, et d’autre part, ceux d’un pilotage adapté aux différents domaines facultaires. Nous constatons cependant des dysfonctionnements. L’élaboration des politiques à l’échelon central n’est ni suffisamment participative, ni suffisamment explicite pour entraîner la compréhension et l’adhésion. La communication institutionnelle n’ayant pas fait l’objet d’un cadrage, les décisions centrales ne sont pas toujours transmises et expliquées au niveau local, ce qui conduit également à des incompréhensions. La présence de onze Facultés et de quatre sites séparés géographiquement accentue encore plus ce risque d’incompréhension. Il en résulte paradoxalement une apparence de pouvoir central isolé, et une réalité d’autonomie mal coordonnée des Facultés et des diverses instances.

Vision et objectifs

Nous proposons un autre modèle de gouvernance basé sur la participation des responsables élus, notamment les Doyens et Doyennes, à l’élaboration des décisions stratégiques. Cela permettra à la fois d’appréhender les situations locales, dans leur cohérence locale, et de construire une vision stratégique partagée et une gestion intégrée au niveau institutionnel. Notre objectif est de faire participer les Facultés, les Unités de Recherche et les services centraux aux dossiers stratégiques de l’Université, et favoriser ainsi la transparence et la compréhension des orientations. Plus généralement, nous considérons que la gouvernance ne doit pas être subie, mais se construire en commun.

Actions envisagées

  • L’Université doit se doter d’un plan stratégique institutionnel pour permettre à toute personne interne ou externe, d’en prendre connaissance.
  • Afin de favoriser la réalisation, la coordination et le suivi des objectifs stratégiques, nous proposons la constitution d’une cellule d’appui à l’équipe rectorale.
  • Nous proposons également de réfléchir à la constitution au sein du CA d’un Comité d’orientation stratégique de l’ULiège, pouvant faire appel à des experts extérieurs, y compris internationaux.
  • L’Institution doit également se doter d’un organigramme institutionnel. Celui-ci existe au niveau facultaire, parfois au niveau des services administratifs mais pas au niveau institutionnel. Le site internet de l’Institution doit présenter cet organigramme.
  • La CURE rassemble les Doyens, Doyennes et les autorités (Recteur, Vice-Recteurs, Vice-Rectrice, Administrateur·e). Y participent aussi les Conseiller·ère·s, les Président·e·s de Conseils sectoriels ainsi que des invité·e·s comme les Directeur·trice·s d’administration ou tout autre personne utile lorsque l’ordre du jour l’impose. Cet organe, très représentatif de par ses membres élus, reflète parfaitement les trois missions de l’Université : recherche, enseignement et service à la société. Nous proposons d’y aborder davantage les dossiers stratégiques.
  • Concernant la circulation des dossiers académiques et autres, ces derniers devraient être dûment analysés par les services centraux compétents avant d’être présentés en CURE puis au CA. Cette préparation en amont augmentera l’efficacité des organes de décision qui pourraient dès lors aborder les dossiers stratégiques, tels que la fusion ou non d’entités. En effet, par exemple, ni la fusion ARD – interface, ni la réforme des bibliothèques n’ont fait l’objet de discussion en CURE.
  • Concernant l’administration, nous proposons qu’un plan quinquennal stratégique et financier soit établi pour l’administration à l’instar de ce qui a été demandé aux Facultés. Il sera piloté par l’Administrateur·e et les Directeurs·trice·s d’administration et supervisé par le Collège rectoral, pour être ensuite présenté et avalisé par la CURE, avant d’aboutir au Conseil d’administration.
  • Une simplification administrative et une mise en cohérence des documents existants s’imposent à plusieurs niveaux, notamment par rapport aux différentes versions des règlements qui se juxtaposent au lieu de se remplacer et par rapport aux structures qui ne cessent d’augmenter et avec elles les tâches chronophages.
  • Une réforme de l’Informatique institutionnelle s’impose face à l’évolution des usages du numérique. Cette réforme a été récemment initiée par le SEGI. Elle devra être finalisée en concertation avec les utilisateur·rice·s et les ressources existantes et de façon coordonnée avec les plans stratégiques numérique et infrastructure, déjà validés par le CA.