Financement Institutionnel

Analyse

Chaque année, le nombre d’étudiant·e·s augmente mais les moyens ne suivent pas. L’enveloppe fermée de financement des universités francophones les met en compétition, augmentant encore la pression sur le personnel. Les enseignant·e·s, le personnel administratif mais aussi les étudiant·e·s observent impuissants la détérioration des conditions de travail et d’études. Toutes les filières ne sont pas exposées de la même façon à cette pression. Des financements supplémentaires ont été apportés, notamment ceux relatifs à la ‘pléthore’ d’étudiant·e·s, à l’aide à la réussite ou dans le cadre des plans de relance européens. Mais ces efforts budgétaires ne sont pas suffisants pour répondre aux besoins : absorber l’impact de cette hausse d’étudiant·e·s en termes d’encadrement, de locaux, d’administration, de suivi des étudiant·e·s, tout en permettant aux enseignant·e·s de continuer leurs activités de recherche. L’université post COVID doit aussi tabler sur une baisse des revenus issus des entreprises et sur une hausse des dépenses énergétiques.

Vision et objectifs

Dans ce contexte, il est urgent de mettre à plat le financement des universités et le modèle économique de l’Université publique. Cette réflexion est déjà en cours dans certaines universités et a été initiée en interuniversitaire. Néanmoins, en interne, nous ne disposons pas de simulation qui nous permette d’aborder les négociations avec une vision claire des conséquences des propositions d’ajustement pour notre Université. De plus, une distribution équitable des ressources basée sur une analyse multi-critères et partagée notamment à la CURE est nécessaire pour améliorer le sentiment de justice organisationnelle à travers l’institution.

Actions envisagées

  • Poursuite de la réforme du financement des universités engagée par le CREF (Conseil des Recteurs Francophones) en vue de diminuer l’afflux des étudiant·e·s étranger·ère·s UE non-résidents.
  • Simulations budgétaires : L’ULiège doit améliorer et utiliser de manière pertinente les modèles de simulation budgétaire existants. Ces derniers permettront aux autorités, à la CURE et au CA de mieux anticiper les effets à moyen et long terme de décisions provenant des réformes (Paysage, Réforme de la Formation Initiale des Enseignants (RFIE), financement, …), des choix stratégiques posés (notamment l’académisation) et des propositions émergentes dans le cadre d’une réforme des financements des universités.
  • Pensions anticipées et aménagement de fin de carrière : L’évolution de la masse salariale de l’Université risque de poser problème à partir de 2026, moment où les dates de mise à la retraite passeront à 66 puis 67 ans. Les salaires parmi les plus élevés seront prolongés. Nous proposons d’analyser la possibilité de favoriser des départs anticipés, sur la base de volontariat. L’octroi de primes défiscalisées pourrait être une piste. Ceci doit, bien sûr, être analysé et discuté, notamment avec les syndicats.
  • Parallèlement, nombreux sont les membres du personnel qui aimeraient aménager leur temps de travail à l’approche de la fin de carrière. Nous proposons de poursuivre les réflexions initiées sur ce thème en concertation.
  • Plan stratégique financier des Facultés : Depuis 2014, les Facultés subissent des restrictions budgétaires alors que le nombre d’étudiant·e·s et les besoins d’encadrement ne cessent d’augmenter et que des boni sont dégagés très régulièrement. Dans ce contexte, nous proposons que les Facultés adaptent leur plan quinquennal sur la base d’un disponible financier de 5/5, en maintenant la gestion financière au coût fin de carrière. Cette méthode a montré son efficacité, en permettant aux Facultés des réflexions stratégiques sur la meilleure utilisation possible des ressources financières.
  • Un financement propre (intégrant notamment une partie des boni) sera dédié aux initiatives stratégiques institutionnelles, facultaires et de recherche ainsi qu’à l’ajustement équitable des ressources en fonction des besoins.
  • Nous pérenniserons le soutien financier à la recherche mis en place par l’équipe actuelle, en affectant les financements d’opportunité et ceux obtenu via la défiscalisation aux initiatives stratégiques de la recherche, qui seront soumises en toute transparence à la CURE.
  • Enfin, durant la pandémie, jamais le rôle et l’importance de la recherche et de l’enseignement n’avaient été mis autant en avant. Il nous semble que la période est propice pour convaincre la Belgique à investir davantage de son PIB dans l’enseignement supérieur et la recherche.