Éthique

Analyse

L’intégrité scientifique et l’éthique de la recherche se sont désormais imposées comme des priorités tant au niveau européen (European Code of Conduct for Research Integrity) qu’au niveau de notre pays (Code d’éthique de la recherche scientifique en Belgique). Elles sont essentielles à la qualité en recherche. L’intégrité scientifique renvoie aux principes qui doivent guider la conduite et la diffusion de la recherche (honnêteté, rigueur, objectivité, exactitude, complétude, qualité et fiabilité de la recherche) et constitue une condition de la confiance au sein de la communauté scientifique. L’éthique de la recherche, quant à elle, exige encore davantage : non seulement le respect de l’intégrité physique et morale des sujets humains et non humains impliqués dans la recherche, qui font d’ailleurs l’objet de législations et de réglementations spécifiques, mais aussi, plus largement, une réflexivité et un sens des responsabilités qui doivent amener le ou la chercheur·se, quelle que soit sa discipline, à prendre en considération les implications sociales, morales, économiques ou même politiques de leurs travaux. Éthique et intégrité sont deux conditions indispensables à la construction d’une relation de confiance entre les publics, les chercheur·se·s et les expert·e·s — une relation dont la pandémie nous a révélé à la fois la fragilité et l’importance, au vu des risques systémiques qui s’imposent à nos sociétés : réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources, inégalités économiques et sociales (genre, race, santé, sexualité).

Vision et objectifs

Nous soutenons que ces risques systémiques engendrent des attentes sociales fortes vis-à-vis de toutes les disciplines scientifiques. Répondre aux besoins actuels exige des connaissances fiables et créatives, mais aussi des esprits intègres, responsables et critiques. L’Université de Liège est dotée de plusieurs Comités chargés de l’examen éthique des projets de recherche. Pionnière en la matière, elle s’est aussi dotée, dès 2016, d’un Conseil à l’éthique et à l’intégrité scientifique en charge de l’analyse des manquements à l’intégrité, mais aussi de leur prévention. Le CEIS a ainsi activé des groupes de travail thématiques (conflits d’intérêt, communication scientifique à destination des pairs et du grand public), une Chaire de méta-recherche, des activités de formation doctorale. Notre objectif sera de consolider cette politique institutionnelle, mais aussi de l’élargir, en particulier au travers d’actions destinées à soutenir les démarches éthiques orientées sur la réflexivité, l’esprit critique et la responsabilité, en activant le puissant levier que constitue, sur ce point, le dialogue des disciplines relevant des secteurs Sciences et techniques et Sciences de la santé avec les disciplines de Sciences humaines et sociales et au travers d’action de sensibilisation aux sciences citoyennes et participatives telles que définies par l’Unesco.

Actions envisagées

  • La pandémie a montré à quel point les connexions entre science et société sont profondes et puissantes, qu’on le veuille ou non. Jamais la pseudoscience (c’est-à-dire celle imite le discours de la science sans être issue de sa démarche) n’a autant prospéré. On pense aux réseaux sociaux mais aussi à la multiplication des journaux prédateurs et des sites de diffusion des preprints. Ces deux facteurs exigent une adaptation du cadre éthique et déontologique de notre recherche.
  • Impliquer les chercheur·se·s compétent·e·s et intéressé·e·s par l’éthique et l’intégrité scientifique dans des groupes de travail thématiques (par exemple les sciences participatives) destinés à formuler des recommandations, en appui au volet préventif et formatif.
  • Renforcer la synergie entre le CEIS en charge des manquements à l’éthique et à l’intégrité et les services compétents (Bien-Être, RH, Qualité de vie des étudiants) lorsque les manquements sont associés à des conflits.
  • Visibiliser et sensibiliser à l’éthique à travers le séminaire de formation doctorale Ethics, Research & Society, qui invite des personnalités scientifiques de renom de toutes disciplines, reconnues pour leurs engagements éthiques.
  • En réponse aux attentes croissantes de jeunes chercheur·se·s, notamment en Sciences et techniques et Sciences de la Santé, intégrer dans la formation doctorale obligatoire un séminaire d’analyse participative des implications éthiques (sociales, morales, économiques, politiques) des projets doctoraux individuels, avec le concours d’experts en sciences humaines et sociales.